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~ Les Migrations ~
Les Conséquences des Migrations

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Introduction
Les Différents Types de Migrations
Les Causes des Migrations
Conclusion
Carnet de Bord
I. Les Conséquences Economiques


   Au point de vue économique, l'arrivée d'immigrants nombreux se traduit par un apport de main-d'œuvre qui a puissamment contribué, notamment au XIXe siècle, à la mise en valeur des "pays neufs": c'est grâce aux immigrants que les terres d'Amérique et d'Océanie ont été mises en culture, que les richesses minières de toute manière y ont été exploitées. De nos jours encore, l'immigration a souvent favorisé l'expansion économique du pays d'accueil: la république fédérale d'Allemagne a dû en partie la grande prospérité dont elle a bénéficié depuis 1950 à l'arrivée de quelque 12 millions de rapatriés et de réfugiés. L'avantage, en l'occurrence, est d'autant plus grand que les immigrants sont en majorité, le plus souvent, des hommes adultes dans la force de l'âge, dont l'éducation et la formation n'ont rien coûté au pays qui les reçoit.
   Souvent aussi, l'immigration a permis la création d'activités nouvelles ou favorisé l'innovation au sein des activités préexistantes. En France, aux XVIIe et au XVIIIe siècles, le pouvoir royal eut souvent recours à des artisans étrangers pour introduire de nouvelles industries. Mais en déterminant, par la révocation de l'édit de Nantes, une partie des protestants a s'expatrier, il contribua à acclimater en Prusse, en Angleterre, en Hollande des activités que ces pays ignoraient. Au XIXe et au XXe siècle, les travailleurs spécialisés venus d'Europe ont, de la même manière, favorisé l'industrialisation des pays neufs.
   Inversement, l'immigration contribue parfois au maintien d'activités traditionnelles qui, sans elle, ne pourraient recruter la main-d'œuvre nécessaire. C'est la raison qui, dans la seconde moitié du XXe siècle, a obligé tous les pays industriels d'Europe Occidentale, comme on l'a vu, à recourir à l'immigration en provenance de pays moins favorisés. Sans cette immigration les tâches les plus "ingrates", dont les nationaux ne veulent plus, n'auraient pu être assurées.
   Il est vrai que, lorsqu'il s'agit d'immigrants temporaires, ceux-ci viennent généralement seuls, et envoient à leur famille restée au pays natal une partie de leur salaire; ces sorties de capitaux, appelées par les économistes "remises des immigrants", peuvent exercer un effet défavorable sur les taux de change du pays d'accueil. D'un autre côté, si l'arrivée d'immigrants cultivateurs entraîne une hausse du prix des terres, l'accroissement de l'offre de main-d'œuvre dans les divers secteurs de l'activité économique tend à faire baisser les salaires dans le pays ou la région d'accueil, et cela d'autant plus que les immigrants, généralement pressés par le besoin, se montrent peu exigeants en matière de rémunération: c'est là, sans doute, la principale raison des réticences, voire de l'hostilité, souvent manifestées par les milieux ouvriers et par les syndicats à l'égard de l'immigration, même dans les pays où elle était le plus nécessaire, comme les Etats-Unis, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande. Dans cette dernière, ce sont les syndicats ouvriers qui imposèrent, en 1981, la suppression des subventions et des diverses facilités jusqu'alors accordées aux immigrants par le gouvernement. Toutefois, cette hostilité à l'égard de l'immigration ne fut pas toujours un monopole des milieux ouvriers et les causes en furent parfois différentes : les préjugés raciaux et les antagonismes religieux, l'entrée d'éléments de moralité douteuse ou animés d'idéologies jugées subversives, l'arrivée d'immigrants atteints de maladies contagieuses, leur admission en nombre dans les hôpitaux ont souvent développé la méfiance de l'opinion publique dans son ensemble à l'égard des immigrés.
   Dans les pays de départ, l'émigration entraîne, toutes choses égales d'ailleurs, une tendance à la baisse de la production, puisque le nombre de travailleurs diminue. En outre, les sommes qui ont été dépensées pour élever et former l'émigrant se trouvent perdues. Et à cette perte s'ajoutent les sommes que les émigrants emportent avec eux: si les émigrants sont très nombreux, le montant global de ces sorties de capitaux peut être considérable. Inversement, les envois d'argent des émigrés et les économies rapportées au pays par ceux d'entre eux qui retournent y finir leurs jours entraînent des rentrées d'argent substantielles.
   D'autre part, l'émigration a souvent offert au pays de départ de nouveaux débouchés commerciaux parce que les émigrés, une fois installés au dehors, continuent à demander les produits, alimentaire notamment, auxquels ils sont habitués: lorsque ces produits ne sont pas fabriqués dans le pays d'accueil, il peut en résulter la naissance d'un courant d'importation.
   Enfin, l'émigration, par un mécanisme inverse de celui que déclenche l'immigration, tend à provoquer la hausse des salaires et la baisse du prix des terres. Certes, ces effets sont souvent peu visibles parce que dans les pays d'émigration la population, déjà trop nombreuse par rapport aux possibilités d'emploi, a généralement tendance à s'accroître encore. Mais l'on peut penser que si, au XIXe siècle, des centaines de milliers d'émigrants n'avaient pu quitter l'Europe, il en serait résulté une telle pression sur le marché du travail et une si grande misère qu'en beaucoup de pays les classes dominantes n'auraient pu contenir les masses affamées et mécontentes, ou que l'évolution démographique elle-même en aurait été changée.


II. Les Conséquences Politiques


Les conséquences politiques des migrations sont nombreuses et importantes. Comme on l'a vu précedamment, l'émigration constitue souvent un facteur de stabilité politique, dans la mesure où elle décongestionne les campagnes surpeuplées, diminue le chômage ou le sous-emploi dans le pays de départ et entraîne au loin des masses misérables, jugées politiquement dangereuses, ou des adversaires avérés du pouvoir établi. C'est, avec la crainte que les secours accordés aux pauvres ne représentent une charge financière trop lourde, une des raisons pour lesquelles certains gouvernements se sont efforcés de favoriser l'émigration. Ainsi agit le gouvernement austro-hongrois, dans la seconde moitié du 19ème siècle et au début du XXe, favorisa les départs d'émigrants appartenant aux minorités nationales; le gouvernement russe, quant à lui, laissait partir presque librement les juifs, alors que l'émigration des autres du tsar était strictement réglementée.
   Les émigrants installés à l'étranger constituent souvent pour le pays d'origine un moyen non négligeable d'influence politique ou culturelle: du point de vue gouvernemental, c'est là un nouvel argument en faveur de l'émigration. Certes, les départs d'homme jeunes peuvent priver l'armée nationale d'une partie de ses effectifs; mais il est possible de remédier à cet inconvénient en interdisant ou en réglementant l'émigration des hommes susceptibles de servir dans l'armée, comme le firent, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, plusieurs gouvernements européens. Il n'est donc pas étonnant que les gouvernements et les mouvements nationalistes se soient efforcés, en beaucoup d'occasions, de maintenir ou de renforcer les liens entre les émigrants et la mère-patrie. Ainsi à la fin du 19ème siècle, le mouvement pangermaniste s'intéressa aux Allemands qui depuis 1834 étaient allés s'établir dans le sud du Brésil, et le parlement de Berlin vota en juillet 1913 la loi Delbrück, qui permettait aux émigrés allemands installés à l'étranger de s'y faire naturaliser, sans perdre pour autant la nationalité allemande.
   De même, dans la période comprise entre les deux guerres mondiales, de nombreux gouvernements s'efforcèrent de conserver une influence sur leurs nationaux émigrés. Le gouvernement fasciste italien, notamment, installa à l'étranger des fonctionnaires chargés de se maintenir en rapport avec les italiens et de les aider; il créa un grand nombre d'œuvres chargées de rassembler les émigrés, auprès de qui furent aussi envoyés des ecclésiastiques italiens ; des journaux en langue italienne furent publiés à l'étranger ; on offrit des voyages en Italie aux enfants d'immigrés, et aussi aux femmes enceintes, afin que la naissance ait lieu en territoire italien.
   Néanmoins, et en dépit des divers avantages que l'émigration peut valoir au pays qui fournit des émigrants en grand nombre, l'attitude des pouvoirs publics à l'égard de l'émigration, longtemps favorable, ou au moins passive, changea, en beaucoup de pays, après la Première Guerre Mondiale. Entre 1920 et 1930, pour des raisons diverses, et d'ailleurs mal connues, des restrictions plus ou moins sévères furent apportées à l'émigration en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Pologne, en Italie, en Russie soviétique, au Japon et en Chine.
   Fait plus grave, l'attitude des pays d'immigration se modifia aussi. Inquiets de la concurrence faite à la main-d'œuvre nationale et des difficultés d'assimilation de certains groupes d'immigrants, soucieux de ne pas voir ceux d'entre eux qui venaient d'Europe centrale et orientale "importer" les idées communistes, les Etats-Unis donnèrent l'exemple, en promulguant, en 1921 et en 1924, des lois à la fois restrictives et sélectives, en ce sens qu'elles favorisèrent l'immigration en provenance des îles britanniques et de l'Europe du Nord-Ouest au détriment de celle venant des autres pays. La crise économique des années trente détermina plusieurs gouvernements à les imiter, et tour à tour le Canada, le Brésil, la république d'Argentine apportèrent des restrictions à l'immigration, privant ainsi l'Europe d'un exutoire devenu traditionnel.
   Les migrations internationales peuvent donc avoir des conséquences importantes pour les relations entre Etats, en faisant naître des situations dangereuses pour la paix et même en favorisant ou en provoquant des conflits armés. Entre 1890 et 1939, la liberté d'immigration a entraîné controverses diplomatiques ou guerres ouvertes, notamment au Transvaal, où la situation faite aux immigrants venus exploiter les mines d'or, les "Uitlanders", fut une des causes, ou l'un des prétextes de la guerre anglo-boer; en Tunisie, ou l'importance numérique de la colonie italienne provoqua entre le gouvernement de Paris et celui de Rome des difficultés qu'aggravèrent encore, entre 1922 et 1939, les prétentions de Mussolini ; en Palestine surtout, où l'immigration juive et la création de l'Etat d'Israël suscitèrent trois conflits armés en moins d'un quart de siècle.
   Dans d'autres cas, au contraire, ces sont les restrictions apportées à l'immigration par certains Etats qui furent à l'origine de difficultés diplomatiques et de menaces de conflits. C'est ainsi que la décision prise en 1924 par les Etats-Unis d'interdire à l'avenir toute immigration japonaise suscita de vives protestations de la part du gouvernement nippon, qui voyait dans cette mesure non seulement une conséquence de la divergence des intérêts économiques et sociaux, mais aussi la manifestation d'une discrimination raciale. Enfin les migrations intérieures elles-mêmes peuvent parfois entraîner des conséquences politiques. Au XIXème siècle, les villes d'Europe occidentale, grossies par l'immigration de ruraux déracinés et misérables, ont été considérées, non sans raison, comme des foyers de subversion politique et sociale, et, de nos jours, le même phénomène ne contribue pas à assurer la stabilité politique des pays sous-développés.
   Plus généralement, les migrations peuvent avoir une influence sur le comportement électoral. Les migrations temporaires des travailleurs agricoles les mettent fréquemment en contact avec des milieux politiquement plus évolués: rentrés au pays, ils y deviennent des propagateurs d'idées et de comportements nouveaux. Ce phénomène a été signalé, par exemple, dans le département français des Côtes-du-Nord. Plus importante encore est souvent l'influence de l'émigration définitive, surtout lorsqu'elle conduit des ruraux peu évolués dans de grandes villes :d'une part, en effet, ces migrants, arrivant dans un monde inconnu, abandonnent plus ou moins vite leurs habitudes anciennes, leur mode de vie traditionnel, leurs croyances religieuses et leurs idées politiques ; d'autre part, ils exercent une influence sur leur région d'origine, par leurs lettres, ou par les séjours qu'ils vont y faire, et contribuent ainsi à en modifier l'orientation politique.
   Multiples et extrêmement diverses, tant dans leurs causes que dans leurs formes et leurs conséquences de tous ordres, les migrations apparaissent ainsi, à l'époque moderne et contemporaine, comme un des facteurs essentiels de l'histoire des populations et de l'évolution des sociétés humaines.


III. Les Conséquences Démographiques


   Dans le domaine démographique, l'émigration n'a pas pour seul effet de diminuer la population du pays de départ et d'accroître celle du pays d'arrivée. En effet, l'émigration, bien loin d'être le fait, indistinctement, de toutes les catégories de la population, est généralement sélective: elle entraîne surtout, dans la plupart des cas, de jeunes adultes, et parmi eux plus d'hommes que de femmes. Par suite, elle modifie la composition par sexe et par âge de la population du pays de départ, et, en sens opposé, de la population du pays d'accueil. Le départ des jeunes adultes entraîne un certain vieillissement, et le nombre de femmes tend à l'emporter sur celui des hommes. Il en résulte naturellement des perturbations de la nuptialité et le vieillissement peut être, à long terme, un facteur d'accroissement de la moralité et de diminution de la natalité.
   Mais ce facteur n'est pas le seul qui modifie les conditions démographiques dans le pays de départ. Les auteurs qui ont traité de cette question sont partagés sur la question de savoir si l'émigration dépeuple réellement celui-ci, ou si elle contribue indirectement à le peupler, en y provoquant un accroissement de la natalité.
   Pour les uns, de Malthus à Leroy-Beaulieu et à Gonnard, l'émigration encouragerait la natalité, parce que les parents, certains que leurs enfants trouveront un emploi au loin, ne chercheraient pas à en limiter le nombre. Il y aurait ainsi interaction réciproque de la natalité et de l'émigration : à l'origine, une forte natalité serait un facteur d'émigration, mais les départs, à leur tour, maintiendraient la natalité de la population restée sur place à un niveau élevé. Malheureusement, les exemples que l'on peut citer à l'appui de cette thèse sont contredits par d'autres, en sorte que certains auteurs, notamment Landry, ont pu soutenir, avec autant de vraisemblance, la thèse suivant laquelle l'émigration n'aurait pas d'effet sur la natalité: à la fin du XIXe siècle, la natalité a diminué à la fois en Allemagne, où l'émigration était en recul marqué, et en Italie, où elle était en voie d'accroissement rapide; de même, au début du XXe siècle, la natalité était très faible à la fois en Irlande, siège d'une émigration intense depuis plus d'un demi-siècle, et en France, où le nombre d'émigrants était toujours resté minime. Par conséquent, même si l'on admet que l'émigration constitue en elle-même un facteur d'accroissement de la natalité, il reste que d'autres facteurs peuvent jouer en sens opposé et annuler l'action du premier.


IV. L'Intégration


A. Sentiment d'Exclusion ou Refus d'Intégration

   Quels que soient les changements survenus aujourd'hui dans les mouvements migratoires, ils ont un trait commun avec les mouvements d'autrefois. Sauf dans le cas où il y a déplacement de peuples tout entier, les migrants sont toujours dans leur grande masse des pauvres qui vont vers un milieu plus riche : la misère, le manque de travail les met en marche. Mais, s'ils sont en quelque sorte détachés de leur corps social, ils n'en apportent pas moins avec eux leurs attitudes et leur mentalité, façonnées au cours du temps dans leur terroir d'origine. Avec la distance accrue aujourd'hui avec leur propre culture et la civilisation des pays d'arrivée, le drame de la transplantation, toujours douloureux, peut se transmuer en un véritable traumatisme. Pourront ils s'adapter au cadre de leur nouvelle existence et au prix de quels efforts? On ne saurait reprendre ici les analyses de Thomas et Znaniecki dans leurs ouvrages classiques sur les paysans polonais en Europe et en Amérique, confirmés pas toutes les études postérieures. La migration provoque une désintégration de la culture originelle et il n'est pas aisé de s'insérer dans une culture nouvelle. Il reste d'ailleurs à savoir dans quelle mesure les migrants contribuent à la longue à transformer le milieu d'accueil.
   De toute manière, il leur faut s'installer dans une situation psychosociale qui les définit, habités par un sentiment de différence et non d'infériorité, à égale distance de leurs compatriotes de leur pays d'origine et de leurs nouveaux compagnons toujours séparés et non semblables. Pour eux, le problème est de s'adapter mais leurs enfants sans doute peuvent s'intégrer.
   Les migrations sont affectées d'une dimension psychologique et humaine que les contraintes économiques ne doivent pas laisser dans l'ombre. L'attache des pays d'accueil consiste dans toute la mesure du possible à faciliter les étapes que les migrants ne peuvent être dispensés de franchir. C'est à quoi s'emploient des institutions spécifiques, destinées à améliorer leurs conditions de logement comme à veiller au respect des règlements qui les protègent en matière de salaires, d'allocations, ou de conditions d'emploi aux postes souvent les plus durs. Un Fonds d'action social, alimenté surtout par un prélèvement sur les régimes de prestations familiales, œuvre en ce sens par exemple en France, menant une action pour le logement et la formation professionnelle, ou encore pour l'apprentissage de la langue et l'alphabétisation. Les organisations syndicales ouvrières, dans tous les pays, font montre, selon la conjoncture, d'un protectionnisme qui tend à limiter l'entrée des travailleurs étrangers, mais veillent après leur arrivée à éviter des mesures discriminatoires.
   Les tensions qui pourraient se manifester entre autochtones et migrants ne prennent pas le plus souvent le caractère ouvert ou virulent. L'harmonie n'est guère possible au niveau de la conscience collective entre l'étranger et le "nous" global d'un peuple, mais s'établit dans les consciences individuelles grâce aux relations interpersonnelles, sous l'effet d'une connaissance réciproque qui apaise les heurts et dissipe les malentendus. Telle est la grande leçon des études psychosociologiques comme de l'expérience quotidienne. Encore faut il qu'une double condition soit réalisée : éviter les trop fortes concentrations de migrants, afin qu'ils ne soient pas renfermés dans de véritables ghettos, favoriser une dissémination dans l'ensemble de la population et faire en sorte que le développement économique provoque un courant de mobilité ascensionnelle suffisante pour leur donner une chance de promotion, si faible soit elle. Ils peuvent, en effet, sans jouer sur les mots, s'adapter à leur nouveau milieu et adopter ses valeurs, si celui-ci leur fait une place. Rien de plus dangereux pour eux que les à-coups dans la conjoncture, ou les brusques récessions.

B. Interrogations sur l'Avenir

   Un problème important n'en est pas moins posé aux nations occidentales. Si leur population se refuse à accomplir les travaux manuels, plus durs ou réputés moins nobles, elles ne peuvent espérer que leurs machines les accomplissent tous à leur place. La machine accroît les possibilités mais il faut toujours la servir. Dès lors, trouveront-elles toujours des hommes qui consentiront à la faire? Déjà, les réserves d'émigrants ont diminué dans un pays comme l'Italie, qui s'est modernisé, et dont la marché européen du travail se dispute la main d'œuvre. Le développement des pays du tiers monde et leur changement de régime démographique pourra un jour requérir sur place toutes les forces de travail.
   L'attrait grandissant parmi les jeunes nationaux pour les professions tertiaires comporte des risques de distorsion dans l'économie. De la sorte on pourrait voir un jour coexister un chômage plus ou moins intensif parmi les candidats à des postes tertiaires et une pénurie dans les postes industriels, nécessaires cependant pour accroître la production de tous les biens devenus indispensables.
   A plus court terme se manifeste d'autres inquiétudes. Après trois décennies de croissance exceptionnelle et de plein emploi, les pays industriels connaissent à nouveau la récession et le chômage. La politique suivie en matière d'immigration étant toujours très sensible aux fluctuations de la conjoncture économique, l'année 1974 marque un tournant. Partout, un effort est entrepris avec plus ou moins de vigueur et de succès pour inciter les migrants à retourner dans leur pays. En France par exemple, aucune entrée nouvelle n'est en principe admise et seules les familles sont autorisées à rejoindre les travailleurs venus antérieurement. Depuis 1976 on estime nul ou quasi nul le solde migratoire.
   L'organisation des migrations après la seconde guerre mondiale a sans doute limitée l'ampleur des déplacements. Elle n'a pas empêchée toutefois que ne se développe une immigration clandestine. Celle-ci revêt des formes variées, de l'entrée comme touriste à la prolongation illicite d'un permis de travail, et au franchissement pur et simple des frontières, en échappant aux contrôles. Il serait difficile de savoir combien de millions de Mexicains séjournent ou travaillent ainsi aux Etats-Unis. En France, le gouvernement socialiste issu des élections de 1981, plus large en cela que d'autres pays européens, a mis en place des procédures pour normaliser sur place la situation d'étrangers dépourvus de papiers réguliers. Plus de 100 000 personnes ont été "régularisées" ainsi, et un précédent de cette nature peut inciter des irréguliers refoulés ailleurs à venir tenter leur chance en France.
   La crise, apparue à la fin de la décennie 70, place les migrants en position de concurrence vis-à-vis de la main d'œuvre autochtone, ce qui risque de provoquer des tensions internes. Sur le plan international, les migrations inversées, du tiers monde vers les nations plus développées, sont un des éléments du "dialogue Nord-Sud", c'est-à-dire entre pays d'arrivée, plus riches, et pays de départ, plus pauvres, à la recherche d'un équilibre. Les enjeux de ce dialogue pour l'avenir sont de grande portée.



                                                                                                         Bernard Julien




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